11 octobre 2007
Katagami, l'art du pochoir japonais
Cette technique, inusitée aujourd’hui, était destinée à agrémenter les vêtements de motifs. Les « katagami » apparurent vers le XIIIème siècle et atteignirent leur apogée durant la seconde moitié de l'ère d'Edo (1603-1868).
La fabrication du « katagami ».
Les « katagami » sont composés de bandes de papier traditionnel japonais dénommé « Washi ». Ces feuilles de papier sont confectionnées à base d’écorces de mûriers. Elles sont collées les unes aux autres avec du jus de kaki fermenté. C’est cet extrait de Kaki qui donne au « katagami » cette couleur brunâtre et qui par la même occasion protège les feuilles de certaines moisissures.
Il est nécessaire d’assembler ainsi entre 4 et 6 feuilles de « Washi » pour former un « katagami ». (L’artisan fabriquant son « katagami » recyclait souvent de « vieilles » feuilles de « Washi ».)
L’assemblage ainsi obtenu est ensuite minutieusement découpé à la main afin de faire naître les motifs qui seront imprimés sur les textiles destinés à la confection de vêtement.
Une fois l'apparition des katagami, les techniques les utilisant se diversifièrent :
- La technique komon : les artisans utilisaient plusieurs pochoirs. Certains des motifs étaient créés en appliquant directement la teinture sur les pochoirs, d'autres avec la traditionnelle colle de riz. Cette technique était assez complexe et on ne l'utilisait que pour les vêtements des guerriers et des classes supérieurs de la bourgeoisie.
- La technique chûgata : Cette technique ne diffère pas trop de la technique komon excepté quelques détails : les motifs étaient plus grands, la composition de la colle et la forme de la spatule (pour enduire la colle) étaient différents et enfin le tissu sur lequel étaient imprimés les motifs passa de la soie à la cotonnade. Cette technique était donc accessible aux classes populaires.
- La technique wa-zarasa : Ce procédé de teinture mêlait les techniques ancestrales avec les plaques en bois et les katagami.
Techniques de découpage
Les motifs des katagami étaient gravés à la main avec un outil tranchant suivant les lignes d’un motif dessiné auparavant. Il existait plusieurs méthodes de découpage :
- La méthode kiri-bori : Pour cette méthode, on utilisait un poinçon à pointe semi-circulaire finement aiguisée. Cette méthode était destinée à former de petit motif, le poinçon servait à percer une multitude de petits trous pour faire apparaître le motif en pointillés.
- La méthode shima-bori : Pour cette méthode, les artisans utilisaient cette fois un canif et le découpage était en rayure.
- La méthode tsuki-bori : pour cette technique, on utilisait aussi un canif et on s’en servait pour les motifs chûgata, des motifs qui mêlaient courbe et ligne droite.
- La méthode dôgu-bori : l'outil utilisé pour cette technique avait déjà la forme du motif, c'était donc un découpage à l'emporte-pièce.
L'origine du katagami remonte à l'époque de Nara, à cette époque, il existait différentes techniques de teinture pour obtenir les motifs :
- La technique surie : elle consiste à graver un motif en relief sur une planche de bois qu’on enduit alors de teinture. Le motif apparaît alors lorsqu’on applique le tissu.
- La technique kyôkechi : Ici, il suffit de graver deux plaques de bois à l'identique, percer des trous dans l'une des plaques au niveau des motifs. Les artisans plaçaient ensuite le tissu entre les deux plaques, les pressaient au maximum. Ils versaient alors la teinture dans les trous, et le motif apparaissait.
- La technique rôkechi : Pour cette technique, les artisans utilisaient des plaques de bois comme pour la technique surie, qu'ils enduisaient cette fois de cire. Ils appliquaient ensuite le tissu sur cette même plaque, la cire allait alors sur le tissu, ils plongeaient ce tissu dans la teinture. Une fois la cire retirée, on apercevait le motif en blanc.
Toutes ces techniques sont les « ancêtres » du katagami.
L’utilisation du « katagami ».
Le « katagami » est apposé sur la bande textile destinée à être teinte. Une pâte de riz est appliquée sur le « katagami ». Cette pâte translucide adhère au textile au niveau des espaces vides. Le textile est ensuite teint. L’ensemble du tissu ressort teinté à l’exception des motifs protégés par la pâte de riz.(L'utilisation de la pâte de riz remonte aux époques de Heian et Kamakura.)
L'influence du « katagami »
Le monde occidental ne découvrit le « katagami » qu’au XIXème siècle, en même temps que le japon, s’industrialisant, abandonnait cet art séculaire au profit de technique plus productive.
Mais le « katagami » éveilla tout de suite l’intérêt des artistes et des collectionneurs. Il apporta une nouvelle source d’inspiration à de nombreux artistes dans plusieurs disciplines. La verrerie au travers du travail de René Lalique, les meubles grâce à Emile Gallé, le fer forgé et les vitraux par la contribution des Bruxellois Henri van de Velde et Victor Horta ou encore les réalisations des viennois Koloman Moser et Josef Hoffman.
Le « katagami » alimentait alors un peu plus le « japonisme », un courant artistique particulièrement en vogue au XIXème siècle.
Les plus belles collections sont aujourd’hui dispersées entre Londres, Paris (Musée d'Orsay et au Musée des Arts décoratifs), Viennes (MAK) et Bruxelles (Musées Royaux d'Art et d'Histoire).
Sources:
http://www.clickjapan.org/ART/katagami.htm
http://fr.wikipedia.org/wiki/Katagami
A Noter :
une expo a eu lieu à la Maison de la Culture de Japon du 19 octobre 2006 au 20 janvier 2007 (au départ, je croyais qu'elle allait avoir lieu puis après recherche, trop tard...)
08 septembre 2007
La vie d'une geisha
Une geisha (芸者) est au Japon une dame raffinée d'excellente compagnie réservée à une clientèle très
aisée, dédiant sa vie à la pratique d’excellence des arts traditionnels
japonais . Elles étaient très nombreuses aux XVII et au XIX siècles. Elles existent encore aujourd’hui bien que leur nombre décroisse. Les geisha sont l'équivalent moderne des bouffons du moyen âge en Europe.
Autrefois, les petites filles de familles pauvres étaient vendues à des maisons de geishas (okiya 置屋) qui se chargeaient de les élever et d'assurer leur éducation.
Durant leur enfance, elles travaillaient comme bonnes, puis comme assistantes dans les maisons de geisha
pour contribuer à leur entraînement mais aussi pour assurer le
remboursement de la dette contractée pour le coût de leur éducation qui
est souvent élevé.
Elles commençaient très jeune à pratiquer un vaste éventail d'arts. Elles apprenaient netre autres la musique, les chants et danse traditionnelle, la cérémonie du thé, l'ikebana, la poésie, le port du kimono (kitsuke)... Elles se formaient ainsi à savoir divertir leurs clients avec intelligence et raffinement.
Les geishas ne sont pas des prostituées mais des hôtesses raffinées d'excellente compagnie
réservées à des clientèles très aisées (bien qu'autrefois il était
possible d'acheter leur virginité).
Aujourd'hui, elles n'entrent plus dans les maisons de geisha dès leur enfance. Devenir une geisha est dorénavant un acte entièrement volontaire, qui se fait en général
vers quinze ans. L'apprentissage reste néanmoins long et difficile.

02 septembre 2007
L'origami
* L’ Origami *
L’origami est, comme son nom l’indique (oru = plier et kami = papier), l’art du pliage de papier. Cet art consiste, dans sa version la plus traditionnelle, à transformer un carré de papier en une forme plus ou moins complexe représentant un animal, un végétal ou bien de simples formes géométriques, etc… L’origami prendrait son origine au Japon, où elle est appelée jiezhi, au XVIIIème siècle, avec la boîte de Pandore, ou Tamatebako, tirée d’un conte folklorique japonais, l’Urashima-Taro. (La boîte de Pandore est, selon la légende, une boîte renfermant tous les maux de l’humanité tels que la folie, la maladie, le vice ou encore la tromperie, offerte à Pandore par Zeus. Cédant à la curiosité, Pandore l’ouvre et les maux se dispersent.)
Un historien de l’origami a réussi, en 1993, à recréer ce modèle :

L’origami trouve ensuite sa plus ancienne utilisation religieuse avec le Katashiro, qui consiste en la représentation d’une divinité :

L’origami servait également à décorer les tables et notamment les cruches de saké lors des grandes cérémonies.
Depuis, l’origami s’est modernisée et s’est étendue au-delà des frontières nippones. On doit en partie cette démocratisation de l’art au japonais Akira Yoshizawa, un créateur prolifique aux techniques innovantes : le pliage humide, permettant à l’œuvre de mieux conserver sa forme une fois sèche :


mais aussi le kusudama, ou origami modulaire, qui consiste à assembler plusieurs pièces d’origami afin de former un tout sphérique très décoratif :





En 1978, Le Mouvement Français des plieurs de papier est né, démontrant que l’origami a bel et bien passé les frontières du Japon.
Le modèle le plus courant et traditionnel est celui de la grue


C’est un animal important pour les japonais, d’ailleurs un satellite porte son nom (Tsuru, en japonais)
Une légende nippone dit que « Quiconque plie mille
grues de papier verra son vœu exaucé ». Autour de cette légende, des faits
réels, ceux de la jeune Sadako Sasaki. Cette jeune japonaise fut, enfant,
exposée au rayonnement de la bombe atomique d’Hiroshima. Ayant entendu la
légende, elle décida de plier mille grues pour guérir de sa leucémie. Elle
mourut à l’âge de 12 ans, après avoir plié 644 grues. Ses camarades de classe
plièrent les 356 restantes et Sadako fut enterrée avec la guirlande aux mille
grues. Une statue de Sadako fut érigée dans le parc de la paix d’Hiroshima, la
représentant les mains ouvertes avec un vol de grues de papier au bout des
doigts.

Depuis, la tradition veut que l’on plie mille grue de papier pour un proche malade.

L’origami est un art ne nécessitant que très peu de matériel, puisqu’une feuille, la plupart du temps de forme carrée, suffit à la réalisation des formes les plus complexes. En revanche, patience et minutie sont fortement recommandées ! L’origami compte des techniques dites de base, car la plupart des modèles commencent de la même façon. Parmi ces bases, les plus courantes sont la base préliminaire, celle de la bombe à eau, celle du poisson, du moulin ou encore de la grenouille…
Les structures les plus complexes sont réalisés dans du « papier sandwich », un papier métallisé évitant l’usure prématurée que peut présenter un papier ordinaire à force de pliages.
Outre le Kusudama et le wet folding (pliage humide), les techniques dérivées de l’origami sont nombreuses. C’est le cas de l’aerogamie, qui consiste en des pliages ayant un rapport avec l’aérodynamique, comme les avions, les bateaux etc…

Pour aller plus loin
Débuter en origamie
La grue traditionelle
Modèles simples
De nombreux modèles élaborés
Nombreux modèles par niveau et par ordre alphabétique
Un forum très complet pour se rincer l'oeil
--------------------
Un grand merci à sandee pour ses nombreux liens,
source pour l'article: Wikipédia
J'espère que l'article vous conviendra, sinon je complèterai!
Fée Néantize
22 août 2007
Le Furoshiki
Le furoshiki est une pièce carrée de tissu en coton que les japonais plient depuis des temps reculés pour emballer leurs cadeaux et transporter des objets (le bento, des bouteilles -de saké! -, des pastèques...). La taille du tissu varie en fonction de l'objet à transporter, et les pliages, souvent simples à réaliser (mais encore faut-il les réaliser avec autant de justesse qu'un japonais...) sont très solides, et évidemment très esthétiques...
Le furoshiki était tombé en désuétude ces dernières décennies, mais le gouvernement japonais fait désormais parti du camp des "protecteurs de l'environnement" et a mis en place une politique de valorisation du furoshiki pour lutter contre les 30 milliards de sacs plastiques distribués chaque année au Japon (soit 15% des déchets plastiques des ménages). Soit-dit en passant, le Japon développe aussi les bio-plastiques, et a mis en place une politique de triage des déchets un peu folle (plastiques, déchets organiques, papiers et carton, déchets lourds, mais aussi canettes, bouteilles en plastique, verres, bouteilles de lait, barquettes de viande, doivent être jetés séparemment...). Pour avoir un récit pittoresque de l'achat d'un repas dans un supermarché lambda au Japon (et de tous les emballages et sachets employés) je vous propose d'aller sur ce blog, d'un français expatrié au pays du soleil levant.(post du 11 juin)
Le Furoshiki est même revenu à la mode, utilisé comme sac à main par l'industrie de la mode nippon! Comme quoi, il ne faut pas vendre la peau du furoshiki ...
Voici un "mode d'emploi" mis en ligne par le ministère de l'environnement japonais :
Une vidéo trouvée sur le blog de Cyberange :
Quelques photos :



Pour plus de renseignements, pour trouver comment coudre un furoshiki, je vous invite à aller sur ce blog, très complet, et avec de très nombreux liens : le blog de raffa
(et plus tard je vous mettrai les photos des mes furoshiki! ^^)
17 août 2007
Le chiyogami
Petite note historique :
A l'origine, les motifs Chiyogami se sont développés à la période
d'Edo. C'étaient des impressions sur bois, réalisées par les
fabriquants de papier (le papier était du papier du bois de mûrier). Comme il fallait une plaque de bois par couleur, on pouvait observer "un décalage", un chevauchement de couleurs dû au (dé)calage des différentes plaques et le nombre de couleurs utilisées étaient limitées : bleu indigo, bleu clair, rouge, rose, jaune, or, vert, et noir (le blanc étant le couleur du papier si celui est suffisament clair).
Les Chiyogami étaient destinées à décorer la maison. Ces motifs
étaient basés sur les motifs et broderies des kimonos. On retrouve
donc dans les Chiyogami la symbolique et les saisons, utilisées pour
les kimonos: les grues pour la longue vie, le bambou pour la
flexibilité, les fleurs de prunier et les pommes de pin pour la beauté
et la longévité.... Les papiers Chiyogami, découpés, servent
à la fabrication de poupées de papier, sont collés sur des pots à
thé ou sur de petites boîtes.
On s'en sert également pour le pliage origami, et c'est d'ailleurs son usage le plus commun aujourd'hui. Il est donc généralement présenté en carré de 7,5 x 7,5 ou 15 x 15.


Quelques liens intéressants:
- un blog de créateurs de motifs chiyogami
- un tutorial pour faire vous-même vos motifs (avec Photoshop)
- un site vendant plus de 710 designs de Chiyogamis (UK)
- toutes les images "chiyogami" sur squidoo
16 août 2007
Le Kumihimo
Extrait de mon blog
Et bien voilà ! en pleine crise de bidouillage made in Japan je tombe sur le blog de Sandee ( avec des liens de patrons merci ma poule !!!!) qui parle du Kumihimo , c'est bizarre son disque ressemble beaucoup à l'appareil que j'ai regardé pas plus tard que samedi dans mon magasin d'art créatif qui plus est est en train de destocker car ils deménagent ...
Alors le petit topo
Il s'agit donc d'une des innombrables techniques ancestrales de tressage( + de 2000 ans ) et permettait aux japonais d'attacher leurs vêtements : ils n'utilisaient pas de boutons.
Voici un appareil typique de tressage appelé Mobidai
C'est sur que ça claque plus à regarder que ça :
... mais bon pour le transport on en reparlera hein !
Des blogs parlent beaucoup mieux que moi de cet art remit au gout du jour !
- Blog à part ( Avec tutorial )
- Jeu de maille Pour acheter un kit de demarrage et accessoires pour tresser
- Une video en allemand mais très comprehensible
Voici le mien ! On aperçoit le début de mon cordon qui se forme ! En fait c'est trop simple !
et l'explication en français pour le tressage à 4 brins
Tuto : se faire soi même son kumihimo
Matériel :
- planche de contreplaqué d'une epaisseur d'1cm environ
- 1 petite scie sauteuse ( ou alors allez soudoyer le mec de chez casto pour qu'il vous fasse la découpe ... )
Imprimer la photo de mon disque en reduistant de façon à ce que le périmètre fasse 34 cm.
ou alors tracer un cercle en reglant le compas à 17 cm et faire un autre cercle pour le centre en reglant le compas à 1,7cm environ.
Il faudra faire découper en suivant la forme de petales qui servent d'encoches pour les fils.
Reproduire au pyrogravure pour que ça fasse plus joli les chiffres et les marquages noirs personnalisez selon gout et voilà !
Comme beaucoup m'en font la demande , on peut trouver des disques de Kumihimo ainsi que des livres de schémas et des gabarits sur http://www.jeudemailles.com
















